[Transition écologique] Quelle eau potable en Île-de-France ?

Publié le 26/07/2023

La CFDT Île-de-France est-elle pour ou contre le projet du Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) d’installer l’osmose inversée basse pression (OIBP) dans trois de ses usines ? C’est la question que la Commission nationale du débat public (CNDP) a posée à la CFDT Île-de-France, au même titre qu’aux autres organisations syndicales et à la société civile, dans le cadre du débat public qui a lieu jusqu’au 23 juillet 2023 sur l’eau potable en Île-de-France.

« Trois usines du Sedif seraient dotées dans les années à venir de l’OIBP, une technique de nano filtration : Neuilly-sur-Marne, Choisy-le-Roi et Méry-sur-Oise. Selon le Sedif, cette technique permettra d’obtenir une eau pure, sans calcaire et sans chlore, répondant aux exigences de la « directive eau potable » du 16 décembre 2020. Sur le papier, pourquoi pas ? Mais la technique est très controversée et avant de donner notre avis nous avons souhaité savoir pourquoi ce choix technique ne recueillait pas tous les suffrages », explique Olivier Clément, secrétaire régional en charge de la transition écologique.

Le 10 mai, la CFDT Île-de-France a invité Jean-Claude Oliva, directeur de l’association Coordination de l’eau en Île-de-France, à présenter son point de vue devant les équipes syndicales d’Île-de-France. Pour le responsable de l’association, cette technique est « très nuisible pour l’environnement car, entre autres, la pollution filtrée est ensuite rejetée dans la Seine et les eaux souterraines. Elle est aussi énergivore et onéreuse à mettre en place ».

Le projet est en effet chiffré à 870 millions d’euros, ce qui pourrait entraîner une hausse du tarif pour les usagers, alors que, toujours selon Jean-Claude Oliva, « des technologies de filtration moins coûteuses existent, comme le charbon actif et, surtout, qu’une technique curative comme celle-ci ne s’attaque pas au problème de fond, à savoir la contamination de notre environnement par les pesticides ».

Dans le tour de table, les participants ont apporté leur point de vue. Ils s’accordent à dire par exemple qu’avant d’investir dans un projet coûteux dont les bénéfices sont plutôt discutables, il est indispensable de mener une étude d’impact environnemental objective. L’avis rendu par la CFDT est donc plutôt défavorable au passage à l'OIBP dans ces usines de traitement.