Élections fonctions publiques : une priorité

Publié le 22/12/2017

En décembre 2018, plus de cinq millions de fonctionnaires et contractuels sont appelés à élire leurs représentants dans les commissions administratives paritaires et comités techniques. Toute la CFDT s’organise pour cette échéance qui concernera en Île-de-France près d’un million d’agents des fonctions publiques de l’État, des hôpitaux et des collectivités territoriales. Le 14 novembre, une première rencontre était organisée pour lancer la campagne régionale.

Signe de la mobilisation de l’ensemble de la CFDT : Jocelyne Cabanal, secrétaire nationale, et Mylène Jacquot, secrétaire générale de l’Union des fédérations de fonctionnaires et assimilés (UFFA) avaient tenu à être présentes lors de cette matinée pour rappeler l’importance de ces élections. Devant plus de cinquante responsables de syndicats franciliens des fonctions publiques, Philippe Lengrand, secrétaire général, a d’emblée posé le décor : « Lors des précédentes élections en 2014, les résultats obtenus dans notre région (17,6 % ; + 1 point, NDLR) ont contribué à la progression de la CFDT au niveau national et nous avons conforté notre deuxième place en Île-de-France ». En 2018, il s’agira pour la CFDT en
Île-de-France de progresser fortement pour contribuer à faire de la CFDT la première organisation syndicale tous secteurs confondus au niveau national.

MOBILISER LES ÉLECTEURS
Il s’agira d’abord de faire voter CFDT dans les établissements, hôpitaux et collectivités où la CFDT n’était pas présente en 2014. À l’époque, la CFDT n’avait pas présenté de listes aux comités techniques dans 400 des 1 000 sites franciliens, représentant un potentiel électoral de 180 000 électeurs. Une attention particulière devra également être portée à l’abstention qui par endroits, lors du dernier scrutin, a dépassé les 75% et est globalement plus forte dans la région. « En 2014, le fait que l’ensemble des fonctions publiques ait voté, pour la première fois, en même temps, a permis une mobilisation de toute l’organisation, depuis les syndicats en passant par l’interprofessionnel. Les militants du privé ont aussi prêté main forte », rappelle Mylène Jacquot. Forte de ce bilan positif, la CFDT Île-de-France entend amplifier la participation de l’interprofessionnel francilien dans l’aide et le soutien apportés aux syndicats.

Pour faciliter le ciblage des équipes, une cartographie la plus fine possible sera mise à disposition par l’intermédiaire des unions départementales pour faciliter la construction d’une dynamique territoriale. Car c’est bienl’ensemble de l’interprofessionnel francilien qui va s’impliquer dans la campagne, sous l’impulsion d’un comité de pilotage de campagne.

DES NOUVEAUTÉS A PRENDRE EN COMPTE
Si désormais le fait que les élections se déroulent tous les quatre ans et le même jour pour toutes les fonctions publiques est bien intégré, une nouvelle disposition va devoir être prise en compte par les équipes syndicales. En effet, à partir de 2018, la composition des listes pour les élections aux comités techniques devra assurer une mixité proportionnelle au nombre de femmes et d’hommes dans l’établissement. Autres changements intervenus depuis 2014 et qui peuvent avoir un impact sur le prochain scrutin : les réformes territoriales, et notamment la création ou la transformation  des intercommunalités en Île-de-France, ou encore la mise en place des groupements hospitaliers de territoire qui modifient l’organisation en matière de santé.

Dans la fonction publique d’État, il faudra également tenir compte des nouvelles Directions départementales interministérielles – qui regroupent les services de la cohésion sociale, des territoires et de la protection des populations – pour lesquelles une coordination entre différentes structures syndicales sera nécessaire.

A L'ÉCOUTE DES SALARIÉS
La démarche de toute la CFDT s’appuie sur la proximité avec les agents. « Nous devons être à leur écoute sur leur travail, leur métier, leurs missions, appuie Jocelyne Cabanal. Car l’essentiel des voix obtenues aux dernières élections l’a été grâce au contact de terrain ». La proximité avec les fonctionnaires et contractuels sera donc de mise pour mettre en avant les revendications de la CFDT, en réponse aux attentes et inquiétudes, nombreuses, des agents. Qu’il s’agisse de la faiblesse du dialogue social dans les fonctions publiques ou encore des mesures récentes prises par le gouvernement : gel de la valeur du point d’indice, rétablissement du jour de carence, report de 12 mois du calendrier de mise en place du protocole d’accord « Parcours professionnels, carrières et rémunérations » (PPCR) négocié en 2015. « Il nous faudra à la fois être fermes sur nos positions, continuer de proposer et valoriser ce qu’on a obtenu », résume Mylène Jacquot.

Une belle dynamique de campagne s’annonce. Avec le rassemblement de toutes ses forces, la CFDT, en Île-de-France, peut aborder avec confiance et détermination cette échéance majeure.
encadre fonctions publiques
Retrouvez en pièce-jointe l'ensemble de l'article, complété par l'interview de Michèle Berrada, secrétaire régionale CFDT en charge des fonctions publiques.