Représentativité : la parole à 3 équipes CFDT

Publié le 12/06/2017

Entre 2013 et 2017, au niveau national comme régional, la CFDT a progressé aux élections professionnelles dans nombre d'entreprises du secteur privé. Trois équipes ont accepté de témoigner sur les ressorts de ce succès, mettant notamment en avant l'indispensable travail de proximité qui a été mené.

Nathalie Leblanc et Doumbe Traore, délégués syndicaux chez EDS Labrenne Propreté, expliquent comment la CFDT est devenue ultra-majoritaire dans l’entreprise, passant de 57,71 % des suffrages à 76 % aux dernières élections professionnelles.
" Nous avons 1 449 salariés dans la branche propreté en Île-de-France. Ce sont surtout des Leblanc EDS Propreteagents de service, des laveurs de vitres et des machinistes, avec une moyenne d’âge assez élevée, qui exercent des tâches souvent difficiles. Certains nous disent parfois être fatigués. Face à cela, nous tâchons de les accompagner et d’être au plus proche de leurs besoins, en étant facilement joignables pour répondre à leurs sollicitations, notamment en les aidant à comprendre leurs contrats de travail ou leurs droits et obligations dans les cas disciplinaires. Pour les salariés les plus exposés à la pénibilité, nous avons obtenu des aménagements de postes et de tâches de travail, sans perte de salaire. Dans certains cas, pour les plus en difficulté d’entre eux, nous avons constitué des dossiers de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé. Nous agissons aussi, au travers d’Action Logement, pour que les salariés puissent être logés plus près de leur domicile. Enfin – et c’est primordial – nous avons mis en place, en partenariat avec un institut de formation, des cours d’alphabétisation car près d’un salarié sur deux a des difficultés pour lire, écrire ou parler correctement le français. C’est un vrai handicap quand il s’agit de lire un contrat de travail, une fiche de poste ou simplement l’étiquette d’un produit ! "

nous avons mis en place (...) des cours d’alphabétisation car près d’un salarié sur deux a des difficultés pour lire, écrire ou parler correctement le français
Délégué syndical et secrétaire du CE, Stéphane Baron revient sur les bons résultats de la CFDT à l’Institut national de l’audiovisuel (INA). Minoritaire depuis 35 ans dans ce bastion de la CGT, la CFDT a recueilli 50,6 % des suffrages – soit un bond de 13 points – aux élections professionnelles de juin 2015 et a continué à progresser depuis.
" L’INA emploie près de 1 000 salariés et a pour coeur de métier l’archivage mais aussi – et on le sait moins – la formation professionnelle continue et initiale dans le domaine de l’audiovisuel ainsi que la production de Baron INAdocumentaires et de fictions. Notre résultat aux élections, nous le devons avant tout à notre proximité avec les salariés et notre cohérence entre ce qu’on écrit, ce qu’on dit et ce qu’on fait. Nous sommes tout le temps sur le terrain et pas seulement dans les secteurs qui nous sont favorables ! Les tracts, on ne se contente pas de les afficher. On les distribue en main propre et on porte la parole dans les bureaux. Nous sommes par ailleurs moins dogmatiques que la CGT et FO et privilégions toujours le local sur le national dans les accords. Ce qui nous a permis d’obtenir de nouveaux acquis sociaux, avec notamment la signature, il y a quatre ans, d’un accord collectif. Nous avons aussi obtenu, fin 2016, un accord sur le télétravail, inspiré notamment de ce que la CFDT avait négocié chez Canal + et qui repose sur le volontariat, la réversibilité et la confiance. Enfin, nous sommes passés de 90 adhérents à plus de 150 en quatre ans ! Il y a une vraie dynamique, avec l’arrivée de jeunes, ce qui nous permet de renouveler nos listes et d’être en phase avec les attentes des nouveaux collègues. Nous sommes ainsi le seul syndicat à présenter des listes complètes aux prochaines élections de juin 2017 et conformes à la loi sur la parité. Par ailleurs, nos candidats ne cumulent pas de mandat et sont issus de tous les corps de métiers et implantations géographiques. C’est notre force."
nous sommes passés de 90 adhérents à plus de 150 en quatre ans !
Christophe Héraud et Bénédicte Ronin sont élus CFDT à Technip France, entreprise du CAC 40 spécialisée dans la construction d’installations pétrolières. Pour la première fois, en décembre 2016, la CFDT est arrivée largement en tête des élections, avec 60 % des voix sur son site des Hauts-de- Seine (3 000 des 3 500 salariés).
" La situation économique complexe de l’entreprise – liée à la baisse du prix du pétrole et aux pressions pour opérer des transferts Ronin Heraud Technipd’investissement sur les énergies vertes – et sa fusion avec un groupe étranger ont donné lieu à des réorganisations pas toujours bien maîtrisées. Nous déplorons de nombreux départs de salariés, sans véritable plan de sauvegarde de l'emploi, mais aussi des pertes de compétences et parfois des surcharges de travail en interne. Dans ce contexte anxiogène et générateur de tensions, nous avons apporté notre analyse sur la réorganisation et la stratégie de l’entreprise tout en parlant aussi des problèmes que les salariés rencontrent au quotidien. Notre attachement à l’entreprise nous a conduits à initier, en intersyndicale, une discussion sur son avenir avec les ministères de l’Industrie et du Travail. Chez nous, la grande majorité des salariés sont cadres, avec notamment 70 % d’ingénieurs. S’ils n’attendent pas forcément quelque chose des syndicats pour leur carrière, ils ont besoin d’information. Nous avons ainsi sorti des tracts très régulièrement, en expliquant ce que l’on faisait de manière concrète, en utilisant un vocabulaire compréhensible par tous. Nos candidats CFDT avaient en plus l’avantage d’être connus des collègues et représentaient bien la diversité de nos métiers. "

Nos candidats CFDT avaient l’avantage d’être connus des collègues et représentaient bien la diversité de nos métiers.