Un nouveau projet pour l'interprofessionnel francilien

Publié le 07/06/2017 à 17H17
Comme tous les quatre ans, le congrès de la CFDT Île-de-France se prépare dans les syndicats professionnels. Avec en perspective cette année un projet qui vise à redonner du souffle à l’ensemble de l’interprofessionnel francilien. Son principe ? Moins de structures politiques, mais des structures de proximité plus fortes. Coup de projecteur sur ce projet ambitieux.

À l’origine de ce projet : un diagnostic sur la situation des structures interprofessionnelles d’Île-de-France. Élaboré entre 2013 et 2015 par l’Union régionale et les huit unions départementales, cet état des lieux dresse un constat : l’organisation et le fonctionnement actuels ne permettent pas de répondre pleinement aux défis du développement syndical et de la représentativité. Et ce, pour une raison simple : les unions départementales telles qu’elles existent actuellement ne sont pas en capacité de faire face de manière homogène aux priorités de la CFDT et ont pour certaines de vraies difficultés à mobiliser des ressources militantes. S’appuyant sur les orientations des congrès confédéraux de Tours et de Marseille, le projet d’orientation « Pour une évolution de l’interprofessionnel francilien », qui sera soumis aux syndicats d’Île-de-France, rappelle les missions prioritaires de l’organisation : accompagnement des militants, services aux adhérents, débats de proximité et accueil des salariés.

Quatre unions territoriales plus fortes
Ce projet a été mûri et élaboré collectivement pendant deux ans avec les acteurs de l’interprofessionnel puis avec les syndicats qui ont accepté de participer à des « groupes miroirs » au cours desquels ils ont pu donner leur vision de l’interprofessionnel et ce qu’ils en attendaient. Le projet propose la création, d’ici la fin 2018, de quatre unions territoriales interprofessionnelles (UTI) : l’UTI de Paris, l’UTI du Grand Ouest francilien (Hauts-de-Seine et Val-d’Oise), l’UTI du Grand Est francilien (Seine-Saint-Denis et Seine-et-Marne) et l’UTI du Sud-Ouest francilien (Val-de-Marne, Essonne, Yvelines).

Ces quatre nouvelles structures ont été délimitées selon deux critères principaux : la cohérence géographique et le nombre d’adhérents par territoire. Avec un objectif assumé : que chacune des nouvelles unions territoriales réunisse des moyens à peu près comparables, contrairement à aujourd’hui. Elles auront la responsabilité politique de mettre en oeuvre un plan d’action territorial et de définir les lieux pertinents de l’action syndicale. Les Unions départementales, quant à elles, auront notamment un rôle d’accueil des salariés, adhérents et militants.

Moins de verticalité, plus de démocratie participative, c’est faire respirer notre organisation
Mener le débat au plus près du terrain
Ce projet s’inscrit par ailleurs dans une région en pleine mutation. Que ce soit avec la création de la métropole du Grand Paris et le lancement du projet de Grand Paris express (transports, logement, aménagement du territoire…) ou encore avec le développement du numérique, qui pousse de plus en plus de travailleurs « hors des murs » des entreprises classiques.

Vingt-quatre bassins d’emploi viennent d’ailleurs d’être définis par le Conseil régional. C’est aussi autour de ces bassins d’emploi que l’interprofessionnel de proximité devra s’organiser, notamment pour mener les débats au plus près des salariés. Car comme l’explique Philippe Lengrand, « les adhérents ont de plus en plus envie de donner leur avis, d’être consultés. On s’en rend bien compte lorsqu’on va à la rencontre des équipes. Moins de verticalité, plus de démocratie participative, c’est faire respirer notre organisation ». Ces réflexions traversent aujourd’hui toute la CFDT, depuis les Unions régionales jusqu’à la Confédération. La création des UTI est donc aussi une opportunité nouvelle pour développer ces lieux de débat.
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