Institut Paris Région: mobilisation contre la baisse du budget

Publié le 05/01/2024

Fondé il y a soixante ans, l’Institut Paris Région (IPR) est une agence régionale d’urbanisme et de l’environnement qui accompagne les acteurs publics franciliens – et en particulier le Conseil régional – dans leur travaux et leur prise de décision, en tenant l’inventaire en temps réel de l’évolution du territoire francilien et en produisant des études, des travaux et des rapports d’expertise. Valérie Pécresse en assure la présidence.

AG du personnel de l'IPR le 13 décembre

Depuis début novembre, les salariés de l’Institut Paris Région sont mobilisés en intersyndicale contre les importantes coupes budgétaires annoncées par la Région à la rentrée : « Valérie Pécresse veut prélever près de 10 % de notre subvention dès 2024 et porterait ce total à 15 % (trois millions) en 2025. Elle nous propose, sans nous y obliger, d’emménager dans les locaux du Conseil régional à Saint-Ouen pour économiser les trois millions d’euros de location de notre siège dans le 15e arrondissement. Comme on ne sait pas où aller chercher cet argent, cette proposition devient une incitation forte », explique Régis Dugué, délégué syndical CFDT à l’IPR.

« Notre budget a déjàbaissé de cinq millions d’euros au cours de ces dernières années. Paradoxalement, le Conseil régional nous confie davantage de missions. Nous avons hérité de celles de Défi métiers par exemple. En somme, on nous demande d’en faire plus avec beaucoup moins », poursuit-il. « Ce qui est à craindre, c’est que ces baisses continuent et remettent en question nos capacités à répondre à l’ensemble des enjeux franciliens. »

L’éventuel déménagement dans les locaux du Conseil régional pose également problème. « D’abord, la surface: 1 000 m2 pour 240 salariés, ce n’est pas assez ! Il nous faudra surtout nous séparer de notre médiathèque publique de 55 000 ouvrages. » Autre question : l’indépendance de l’institut. « Nos études sont réalisées en toute neutralité, à l’abri des pressions du politique. Nous saurons toujours y résister mais notre image publique risque de pâtir de cette proximité avec le Conseil régional et met en péril nos capacités à élargir notre gouvernance », souligne Régis Dugué.
La mobilisation va donc se poursuivre. « Nous attendons des réponses fortes. Entre-temps, de notre côté, nous cherchons des solutions. » Un déménagement dans le sud de Paris est notamment à l’étude par la direction.