Missions locales : les salariés crient leur ras-le-bol !

Publié le 11/02/2016 à 17H25 (mis à jour le 11/03/2016 à 17H25)
Le 28 janvier, près d’une centaine de conseillers professionnels se sont rassemblés à Paris à l’appel de l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC. Si une délégation a pu être reçue au ministère du Travail,  elle n’a pas été entendue sur sa revendication principale : l’augmentation des budgets du réseau.

Point de départ de cette grogne : le refus, en décembre dernier, de l’Union nationale des missions locales de revaloriser les salaires des 13 000 conseillers en insertion professionnelle du pays (répartis dans 442 missions locales, dont 79 en Ile-de-France). Bloqués depuis 2013, ces salaires sont inférieurs de près de 20% – à missions similaires - à ceux de leurs homologues de Pôle emploi. « Cette différence de traitement en dit long sur la reconnaissance que l’Etat, qui finance à 50% le réseau, porte à notre travail, » s’indigne Christian Richard, délégué du personnel CFDT à la mission locale de Nanterre. Parmi les autres difficultés rencontrées par les salariés, l’élu évoque aussi l’empilement des dispositifs, la surcharge administrative ou encore l’absence de financement pour le nouveau Conseil en évolution professionnelle. « Nous sommes en première ligne et on a vraiment l’impression que le gouvernement ne prend pas la mesure de la difficulté de nos missions et de la souffrance de certains jeunes », témoigne ainsi Nadine Bresque, conseillère professionnelle.

Rencontre au ministère
A l’occasion de cette mobilisation, une délégation de l’intersyndicale a pu rencontrer le cabinet du ministère du Travail. « Nous avons demandé plus de moyens pour mener à bien nos missions. Car si le réseau fonctionne aujourd’hui, c’est essentiellement grâce aux salariés, qui dépassent largement le cadre de leurs fonctions », explique ainsi Jean-Michel Mourouvin, secrétaire général CFDT du Syndicat national des métiers de l’insertion (Synami). Avant le second round de négociations prévu en mars, la CFDT, première organisation du secteur avec 43% d’audience aux élections professionnelles, entend bien faire entendre sa voix.

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