Habitat et hébergement : de nouveaux engagements en Ile-de-France

Publié le 22/12/2016 à 15H47
L’Île-de-France vient de se doter d’un projet de Schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH). Ce document de référence – qui n’existe que dans la région capitale – a pour principale ambition de répondre à la pénurie de logements socialement accessibles et de places d’hébergement pour les publics les plus démunis. La CFDT Île-de-France a activement contribué à son élaboration en plaçant le lien emploi/logement au coeur des débats.

Le Comité régional de l’habitat et de l’hébergement (CRHH) a arrêté ce projet de schéma régional le 18 octobre dernier à partir d’un diagnostic partagé par toutes les parties prenantes (État, Région, collectivités locales, organismes du logement, associations et partenaires sociaux). Celui-ci adopte une approche résolument nouvelle, en particulier en décloisonnant les questions du logement de celles de l’hébergement. Le projet est entré dans une période de consultation auprès de l’ensemble des collectivités territoriales et devrait être définitivement arrêté par le préfet de région au premier semestre 2017.

Un minimum de 70 000 logements par an
Dans un environnement institutionnel complexe avec l’émergence de la Métropole du Grand Paris, le schéma fixe pour six ans (2017- 2022) les orientations et les objectifs de production de logements et de places d’hébergement des 82 intercommunalités, Métropole du Grand Paris et Établissements publics de coopération intercommunale de grande couronne (communautés d’agglomération et communautés de communes). La construction de 70 000 logements par an, dont 37 000 logements sociaux, est réaffirmée et adaptée en fonction de la réalité des territoires. Ainsi, pour la Métropole du Grand Paris, ce sont 38 000 logements, dont 23 000 logements sociaux, qui devront être réalisés chaque année. En ce qui concerne l’hébergement, il est prévu d’ici à 2022 la création de 10 000 places supplémentaires en résidences sociales polyvalentes (hébergement temporaire destiné à différents publics).

Le projet de schéma renforce également l’impératif de solidarité entre les territoires en instituant une obligation de production de 30 % de logements sociaux dans les communes dites « en rattrapage » vis-à-vis de la loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbain (SRU) – qui prévoit que chaque commune doit disposer de 25 % de logements sociaux. Dans le même sens, l’équilibre dans l’offre de logement autour des futures gares du Grand Paris Express doit être atteint pour une plus grande mixité sociale. Le schéma aborde aussi des sujets particulièrement importants pour notre région, comme l’accueil des demandeurs d’asile, des personnes victimes de violences, l’adaptation des logements aux évolutions de la société (familles monoparentales,vieillissement de la population), l’accès au logement des jeunes salariés et étudiants. Un plan de rénovation énergétique pour 125 000 logements par an est également arrêté.

La CFDT résolument engagée
L’Union régionale s’est fortement impliquée dans l’élaboration du SRHH et a fait valoir l’importance du lien entre logement et emploi, comme en témoigne Lahouari Boubekeur, secrétaire régional et membre du Bureau du CRHH : « Il était important que, dès le début des travaux, la CFDT se fasse l’écho des difficultés que rencontrent les salariés en Île-de-France, notamment les précaires et les jeunes, pour accéder au logement, alors même que le logement conditionne très souvent l’accès à l’emploi ». La CFDT Île-de-France, fidèle à ses valeurs, a abordé, dans sa contribution écrite, à la fois l’enjeu de lutte contre les inégalités et les liens entre l’accès au logement et à l’emploi.

Pour ces raisons, la CFDT considère que les orientations régionales en matière d’habitat et d’hébergement devraient être rapprochées des autres repères logement IDForientations en matière d’emploi et de développement économique. Elles devraient aussi s’appuyer sur l’ensemble des acteurs publics et privés du logement et en premier lieu sur Action Logement (ex 1 % Logement). L’Union régionale a aussi regretté qu’un objectif de 30 % de logements dits « très sociaux » n’ait pas été retenu sur l’ensemble de la région pour répondre aux besoins des ménages les plus modestes. Elle a indiqué son souhait que l’encadrement des loyers du secteur privé prévu par la loi ALUR soit étendu a minima à l’échelon de la Métropole du Grand Paris. La mobilisation du parc privé doit être également poursuivie, notamment en valorisant le dispositif Visale qui facilite l’accès au logement privé et donc l’accès à l’emploi pour les salariés précaires et les jeunes de moins de 30 ans. Enfin, l’Union régionale a insisté sur l’effort particulier à faire pour le logement des jeunes : résidences de jeunes travailleurs et/ou étudiants, développement de la colocation, habitat intergénérationnel… L’année où, pour la première fois, les objectifs annuels de production de logements vont être atteints en Île-de-France avec la mise en chantier de 70 400 logements, le Schéma régional de l’habitat et de l’hébergement aura la lourde charge de poursuivre cette dynamique. Comptons sur la vigilance de la CFDT Île-de-France tout au long de son application.

En pièce-jointe, retrouvez l'article de Solidaires avec l'interview de Jean-Martin Delorme, directeur régional et interdépartemental de l’hébergement et du logement.