60 millions de consommateurs doit vivre !

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Adoptée le 2 février après recours au 49.3, la loi de finances pour 2026 acte la liquidation de l’Institut national de la consommation (INC), établissement public créé en 1966 et éditeur du mensuel 60 millions de consommateurs. La mesure menace 52 salariés (ETP) et une dizaine de pigistes.

50 millions de consommateurs doit vivre !

Inscrit dans le Code de la consommation, ce média de service public a pour mission de publier des enquêtes, essais comparatifs et études juridiques pour éclairer les choix des consommateurs. Malgré une forte mobilisation – vote défavorable en commission des finances de l’Assemblée, tribune dans Le Monde, pétition signée par 120 000 citoyens sur change.org – le gouvernement est resté sourd et la décision a été maintenue.
Un mois après le début du conflit, à l’issue d’un CSE extraordinaire, Lionel Maugain, délégué syndical CFDT (Syndicat national des médias et de l’écrit), dresse un constat amer : « L’INC disparaîtra le 1er avril. L’activité presse, et seulement elle, continuera jusqu’à une éventuelle reprise. »
Pour l’heure, l’incertitude domine. Depuis la liquidation – apprise par les salariés par voie de presse – le silence du gouvernement inquiète. « On sent une grande angoisse des salariés et une montée des risques psychosociaux. D’autant que la situation est bien compliquée : nous sommes salariés de droit privé dans un établissement public, ce qui pose beaucoup de questions juridiques. Dans la phase de négociation qui va s’ouvrir, il nous faudra être très vigilants à la fois sur le sort individuel et collectif des salariés dans le cadre du PSE et sur les conditions de la reprise du titre. »

Quel avenir pour le journal ?

Le magazine est désormais appelé à être cédé. La question du repreneur et des garanties d’indépendance éditoriale est donc centrale. « 60 millions mérite d’être poursuivi dans de bonnes conditions ! poursuit Lionel. Le gouvernement devra rendre des comptes et nous ferons tout pour que les salariés et les associations de consommateurs aient leur mot à dire pour garantir l’indépendance de l’information des consommateurs. »
Lors d’un rassemblement le 2 février, les équipes locales de la CFDT se sont mobilisées pour soutenir les salariés et le syndicat national des médias et de l’écrit, comme l’explique Marie-Hélène Tiné, membre du Bureau de l’Union locale des retraités de Malakoff-Châtillon-Bagneux-Montrouge. « Nous avons participé à l’organisation du mouvement. La population se sent très concernée, et cette liquidation est perçue comme une nouvelle attaque contre ceux qu’on peut qualifier de lanceurs d’alerte ! »
Au fil des années, le mensuel s’est en effet illustré par des enquêtes retentissantes sur des substances potentiellement dangereuses dans des produits de consommation courante, ou encore certaines pratiques commerciales – notamment récemment, en dénonçant la vente de poupées sexuelles à l’effigie d’enfants sur le site de la marque Shein.
Aujourd’hui, des salariés étudient également la possibilité d’un modèle coopératif pour préserver l’activité. Une chose est sûre pour nous tous : la mission d’information indépendante des consommateurs doit se poursuivre !

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