Une journée pour la justice sociale
Le 20 février, à l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, la CFDT Île-de-France a invité adhérents et militants à débattre avec des experts et des responsables syndicaux, qui ont posé un diagnostic sans concession : notre modèle de protection sociale est en danger.
Comme l’a rappelé Badiaa Souidi, secrétaire générale de la CFDT Île-de-France, « une société juste et durable ne peut exister sans démocratie ». L’enjeu n’est plus seulement de préserver l’acquis, mais de réinventer un solidarisme capable d’intégrer les spécificités de chacun, loin d’une égalité abstraite.
Éric Badonnel, spécialiste des politiques de santé et de protection sociale à la Caisse nationale de l’Assurance Maladie et Catherine Sergent, présidente de la Mutualité Française d’Île-de-France ont souligné la gravité de la crise de légitimité qui touche la protection sociale. Il est pour eux urgent de réfléchir à une réforme structurelle : notre système de santé, conçu pour des accidents ponctuels, doit désormais accompagner le vieillissement et les maladies chroniques sur le long terme.
La justice sociale et l’écologie sont pour Lucas Francou Damasin, de l’association Parlons Climat, indissociables. Il a alerté sur le danger d’une transition qui créerait de nouveaux perdants et alimenterait la défiance envers l’État. Et Lydie Nicol, secrétaire nationale de renchérir : « la justice sociale structure et traverse les revendications de la CFDT. L'émancipation que nous défendons n'est pas possible sans elle ».
Anne Bruner, directrice de l’Observatoire des inégalités a fourni les armes chiffrées pour ce combat, rappelant que la hausse des inégalités nourrit directement l’extrême droite. La bataille pour un salaire digne et une prévoyance universelle reste entière. Comme l’ont conclu les intervenants, il s’agit moins de gérer des budgets que de restaurer un contrat de confiance où chacun contribue selon ses moyens pour recevoir selon ses besoins.