Notre histoire : L’Évolution réédité
À l’occasion du 60e anniversaire de la CFDT, la CFDT Île-de-France réédite L’Évolution, le passionnant ouvrage issu du recueil de vingt-deux interviews de grands témoins de l’histoire de notre organisation, au moment de sa « déconfessionnalisation ». Notre manière de saluer à nouveau cette étape cruciale de la vie de notre organisation.
Publié comme un numéro spécial de Solidaires en novembre 1994, le livre est le fruit du travail de deux journalistes, Marc Laimé et Emmanuel Lemieux, qui ont recueilli, à la demande de la CFDT Île-de- France, la mémoire vivante de celles et de ceux qui ont été les acteurs enthousiastes de cette « évolution » dans notre région.
Le document parcourt l’histoire – avec force anecdotes et récits de bagarres homériques – du combat qui s’est conclu en 1964 par la naissance de la CFDT. Mais il raconte aussi l’itinéraire personnel, le vécu et l’engagement syndical des responsables et militants de la région qui ont participé à cette transformation. Le souvenir de la guerre est tenace. La lutte pour l’indépendance de l’Algérie omniprésente. On y comprend également la dureté des rapports sociaux et les grandes oppositions idéologiques qui ont traversé l’organisation.
En rééditant l’Évolution aujourd’hui, nous reprenons à notre compte l’objectif des anciens animateurs de Solidaires – au premier rang desquels le secrétaire général de la CFDT Île-de-France, Joseph Le Corre – lors de la publication de ce livre : « plutôt que de commémorer une date, nous avons voulu saluer une étape sans laquelle nombre d’adhérents n’auraient pas aujourd’hui leur place dans notre organisation syndicale. Alors si ces pages, au premier abord, s’adressent à nos anciens à qui nous devons une fière chandelle, elles ont aussi l’ambition de contribuer au développement de la CFDT de demain. »
L’Évolution en Île-de-France
Il y a 60 ans, la CFTC tenait, les 6 et 7 novembre 1964 à Paris, son congrès confédéral. Celui-ci devait marquer la création de la CFDT. Pour préparer cette échéance, l’Union régionale parisienne (URP) avait elle-même organisé, quelques mois auparavant, le 18 avril, un congrès extraordinaire dans la salle des fêtes de la mairie de Boulogne.
Robert Duvivier, secrétaire général de l’URP, y présente son rapport introductif : « L’évolution de la CFTC ». Au terme d’un débat aussi agité que passionnant, 53,88 % des votes sont acquis pour le préambule et 57,50 % pour l’article premier. En conséquence, l’Union régionale parisienne se positionnera dans ce sens au comité national confédéral des 29, 30 et 31 octobre 1964 en vue du congrès confédéral.
Les propos du secrétaire général, comme d’ailleurs chacun des témoignages de l’Évolution, montrent à quel point le développement syndical était déjà au cœur de l’identité et de l’engagement des militants.
« En se transformant, la CFTC doit jouer le rôle de rassembleur et jeter, avec tous les travailleurs et organisations, dont elle n’est séparée par rien de fondamental, les bases d’un syndicalisme démocratique à vocation majoritaire. Son recrutement jeune, son dynamisme, la volonté d’élargissement de la plupart de ses militants, lui offrent une chance exceptionnelle pour contribuer à la reconquête syndicale de la classe ouvrière française. Nous savons que les travailleurs ne s’engouffreront pas massivement, du jour au lendemain, dans la nouvelle organisation ; mais en prouvant son efficacité, elle sera prête à les accueillir à la première vague de syndicalisation. »