Protection de la jeunesse : mobilisation pour la sauvegarde de l’emploi
En plein été, les personnels de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) ont appris que 500 d’entre eux, psychologues, assistants sociaux et éducateurs contractuels, ne seraient pas renouvelés après le 31 août.
Mobilisation devant le ministère de la Justice, le 19 septembre
Des raisons budgétaires assez vagues sont invoquées, et malgré le déblocage de fonds de réserve obtenus auprès du ministère par l’intersyndicale à laquelle participe la CFDT, la direction de la PJJ maintiendra un incompréhensible plan de suppressions d’emplois. Une annonce brutale et inédite pour les personnels qui ont, en intersyndicale, appelé à la grève à plusieurs reprises. « Au niveau national, la PJJ est chargée d’accompagner plus de 130 000 mineurs en difficulté ou en conflit avec la loi, précise Éric Achard, secrétaire fédéral à la fédération Interco. L’Île-de-France qui, regroupée avec l’outre-mer, totalise 1 800 des 10 000 agents, est concernée au premier chef par ces départs. »
Dans un moment où les difficultés de recrutement sont déjà importantes, les métiers peu attractifs, et les conditions de travail dégradées, c’est un coup supplémentaire porté au volet éducatif, déjà largement mis à mal. « Nous manquons de candidats, et les stagiaires, sans expérience, sont propulsés, dès leur première mission, dans des zones parfois difficiles, particulièrement en Île-de-France », ajoute Éric. Tout cela intervient dans un contexte où le discours politique renvoie l’idée que la justice des mineurs ne serait pas à la hauteur et exige un durcissement des peines, alors même que le taux de réponse pénale – proportion des infractions à laquelle la justice apporte une suite pour les jeunes concernés – est déjà de 98%.
Depuis, la situation semble être sur le point de se débloquer, notamment à la suite de la rencontre, le 2 octobre, avec le cabinet du garde des Sceaux. « Certains contractuels, non renouvelés le 30 août, ont été réembauchés le 15 octobre ! Si la situation s’arrange, il faudra s’attaquer rapidement à redonner du sens à ces métiers. Car la pression au rendement et l’accroissement des tâches administratives pénalisent grandement le temps de présence éducative auprès des jeunes. »