Santé publique France: l’expertise publique sous pression

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Le gouvernement poursuit sa réorganisation des opérateurs de l’État. Après l’Agence bio, l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail ou encore l’Office français de la biodiversité, Santé publique France est à son tour concernée.

Le gouvernement poursuit sa réorganisation des opérateurs de l’État. Après l’Agence bio, l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail ou encore l’Office français de la biodiversité, Santé publique France est à son tour concernée.

Les campagnes de prévention ainsi que plusieurs missions stratégiques, dont la gestion de la réserve sanitaire et de l’établissement pharmaceutique, doivent être transférées au ministère de la Santé. Une perspective qui inquiète les quelque 700 agents de l’établissement, dont près de 90 % sont contractuels.

Pour la CFDT, les premiers effets de cette réforme sont déjà visibles.« C’est un véritable plan social qui ne dit pas son nom », dénonce Damien Durand, secrétaire général du syndicat CFDT des affaires sanitaires et sociales.

« Plusieurs agences de ce type sont concernées. Des négociations doivent s’engager sur le reclassement des agents dont les missions sont transférées. Il y a urgence, au sein de la CFDT, à créer un réseau des syndicats et militants des opérateurs en danger. »

Au-delà du sort des personnels, les organisations syndicales, rejointes par 350 médecins, chercheurs et scientifiques mobilisés en janvier puis le 2 juillet dernier alertent sur les conséquences de cette réforme pour l’indépendance de l’expertise publique. «Santé publique France est à l’origine de normes, comme le Nutri-Score, et de campagnes de prévention dont certains acteurs économiques aimeraient s’affranchir», rappelle-t-on au sein de la CFDT.

Depuis le transfert de la communication vers le ministère, plusieurs campagnes de prévention de Santé publique France n’ont pas été diffusées, notamment celles consacrées à la lutte contre le tabagisme, aux risques liés aux fortes chaleurs ou encore à la prévention des paris sportifs («Parier, c’est pas rien»).

Pour les syndicats, c’est la capacité des agences publiques à agir en toute indépendance, au service de l’intérêt général, qui est aujourd’hui en jeu.

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