Frédéric, le sens du collectif

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Entré chez Zara comme étudiant, Frédéric Hubert pensait n’y rester que quelques mois. Vingt-six ans plus tard, après avoir accompagné les profondes mutations du commerce de l’habillement, il est devenu militant CFDT puis conseiller prud’hommes. Un parcours où une même valeur s’est imposée au fil des années : le sens du collectif.

551-Frédéric Hubert Portrait de militant

Parisien de cœur, Frédéric aime parcourir la capitale à vélo. «J’adore passer d’un quartier populaire à un quartier très chic, repérer les changements d’ambiance. Paris, c’est la diversité, l’anonymat et la liberté.» Pourtant, c’est près de Montereau qu’il grandit, dans une famille aux origines multiples, de la Normandie, l’Auvergne et la Bourgogne en passant par la Catalogne, la Pologne et l’Italie. 
Chez les Hubert, on parle volontiers d’histoire, de politique et de voyages. «La politique m’a toujours intéressé. À la maison, on débattait beaucoup, mais jamais de syndicalisme.» Il choisit naturellement des études d’histoire à l’université. Une autre école le marque durablement : le rugby. Avec ses frères, ses cousins et ses amis, il découvre très tôt l’esprit d’équipe. « On apprend qu’on ne gagne jamais seul. » Une leçon qui ne le quittera plus.

Une école du commerce

En deuxième année de faculté, il cherche un emploi étudiant et pousse la porte du Zara de Belle Épine. Embauché immédiatement, il imagine une expérience provisoire. «Je me disais, en regardant ça un peu de haut, que je n’allais pas plier des pulls toute ma vie.» La suite déjoue ses plans. Vendeur à temps partiel, puis à temps plein, caissier auxiliaire, assistant manager, responsable… il évolue au rythme de l’entreprise. Il accompagne les profondes transformations du commerce de l’habillement. «Les magasins sont devenus immenses. Les nouveautés arrivent sans cesse, il faut reconstruire les rayons en permanence. On ne s’ennuie jamais.» Il voit aussi émerger un nouveau modèle commercial, bien loin du rythme traditionnel des deux collections annuelles.
Au fil des années, Frédéric ne s’intéresse plus seulement à son métier. Il veut comprendre comment fonctionne l’entreprise et découvre les enjeux de l’organisation du travail. Lorsque les élections professionnelles approchent, en 2013, il franchit le pas. «J’allais voter, mais je ne connaissais pas les représentants des salariés. Je me suis dit : pourquoi pas moi ?» Une mutation, accompagnée d’une baisse unilatérale de son taux de commission, renforce encore sa décision de s’engager.

Le choix de la CFDT

La CFDT s’impose naturellement. «J’y retrouvais la démocratie, le dialogue, un syndicalisme réformateur et la volonté de construire des solutions. Mais aussi une véritable approche de la société.» Très vite, il découvre une autre facette de son activité : aller à la rencontre des salariés, écouter leurs préoccupations, comprendre les réalités d’un magasin ou d’une équipe. «Ce qui me plaît, c’est créer du lien et essayer de faire avancer les choses.»
De magasin en magasin, son engagement prend de l’ampleur. Il devient délégué syndical national, sillonne la France et rejoint en 2019 le bureau du Syndicat du commerce interdépartemental (Sico). Parmi les négociations qui l’ont le plus marqué figure le premier accord sur le travail du dimanche, signé en 2015. «Le volontariat, le paiement double et le repos récupérable : c’était une vraie avancée pour les salariés, mais aussi un bon accord pour l’entreprise.» 
Son engagement passe aussi par la formation. Il s’y investit avec enthousiasme, multipliant les stages proposés par la CFDT. «J’adore apprendre.» Peu à peu, il acquiert une solide connaissance du droit du travail et du dialogue social.

Une suite logique

Depuis le 3 février 2026, Frédéric Hubert est conseiller prud’hommes à Paris au sein de la section encadrement. «J’étais très impressionné, mais j’avais surtout envie d’apprendre.» Harcèlement, licenciements, conflits disciplinaires : chaque dossier est différent et demande la même exigence d’écoute. «Il faut sortir de son propre point de vue pour comprendre celui des autres.»
À 51 ans, il voit ce mandat comme l’aboutissement naturel de son parcours. «C’est une sorte de synthèse de tout ce que j’ai fait.» Ses amis le lui disent souvent : «Ça te va tellement bien !» Une conviction qui continue aujourd’hui de guider son engagement, à la CFDT comme aux prud’hommes.

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