Mariam, du côté des jeunes

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Depuis plus de vingt ans, Mariam Maman accompagne les jeunes en quête d’avenir.  À la mission locale de Paris, elle a fait de l’insertion un engagement professionnel et syndical. Guidée par une idée simple – être utile –, elle s’apprête aujourd’hui à ouvrir un nouveau chapitre. 

Mariam Maman

Parisienne, née d’une mère marocaine et d’un père béninois, elle grandit dans un environnement marqué par l’engagement. Son père, pédiatre et militant communiste, avait fait ses études en Russie avant de retourner au Bénin pour «rendre» ce qu’il avait reçu. Sa mère, styliste au Maroc et très investie dans la vie associative, fut trésorière d’une association culturelle arabe. En France, elle élève seule ses enfants.
À la maison, la politique n’est jamais abstraite. Elle fait partie des discussions et des repères. L’idée de travailler au service de l’intérêt général s’impose tôt pour Mariam. Après des études d’admi­nistration économique et sociale à l’université de Paris I puis un troisième cycle à Paris VII, elle envisage la fonction publique, pourquoi pas au sein du ministère des Affaires étrangères. «Mais ma mère ne m’aurait jamais laissée partir loin !», sourit-elle.

Le choix des jeunes

La suite s’écrit ailleurs. Elle commence à travailler comme chargée de formation dans une association auprès de jeunes en difficulté. Très vite, une évidence : «Je ne me voyais pas avec un autre public.» Beaucoup ont connu l’échec scolaire, certains vivent avec des troubles dys, d’autres sont en rupture familiale. «Ils sont si vite catalogués…»
En 2005, elle rejoint la mission locale du 19e arrondissement comme conseillère en insertion. En 2015, elle devient référente politique de la ville pour déployer des actions du contrat de ville parisien. L’accompagnement y est global, «à 360 degrés» : emploi, formation, logement, santé. Elle développe des partenariats locaux, accompagne des jeunes NEET, ces jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation, souvent éloignés de tous les dispositifs classiques. Et comme une mauvaise santé peut aussi compromettre un parcours professionnel, elle accepte, il y a sept ans, d’être chargée de projet en prévention santé et handicap.

Agir aussi sur la santé

Mariam est particulièrement attachée à une action consacrée à la santé mentale, obtenue après un appel à projet : elle met en place une permanence psychologique hebdomadaire, des cafés bien-être, des ateliers de boxe-thérapie pour des jeunes femmes. «Un espace sécurisant, entre elles.» Le financement, prévu pour six ans, arrive à échéance. «Je croise les doigts pour qu’il soit renouvelé et dans le contexte, nous ne sommes jamais certains de pouvoir poursuivre, même quand les résultats sont satisfaisants», déplore-t-elle.

L’engagement syndical

C’est peu de temps après son arrivée à la mission locale que Mariam adhère à la CFDT. Une collègue, syndiquée à la CGT, lui lance : «Tu devrais t’engager. Je vais te mettre en lien avec les deux syndicats, tu choisiras.» Elle rencontre les équipes et opte pour la CFDT. «La culture de la négociation me correspondait davantage.» Déléguée syndicale jusqu’en 2024, déléguée régionale adjointe du Syndicat national des missions locales CFDT, suppléante au CSE et membre de la SSCT, Mariam est aussi, au niveau interprofessionnel, administratrice au conseil d’administration de la mission locale de Paris depuis deux ans. Dans un contexte financier tendu, marqué notamment par le désengagement du Conseil régional, elle se mobilise pour défendre les moyens des équipes et interpelle, avec son syndicat, les sénateurs. «On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait.»

Une nouvelle étape

Curieuse et déterminée, Mariam explore différentes formes d’engagement. De son expérience comme conseillère municipale d’opposition à Paris, elle retient que les leviers d’action y sont, pour elle, trop limités. Le syndicalisme lui apparaît plus concret, plus ancré dans le terrain. «On m’a demandé pourquoi j’acceptais un mandat. J’ai répondu que j’avais souvent été déléguée de classe. Au fond, je continue.» Cette année, une nouvelle page s’ouvre : elle sera mandatée à la Caisse primaire d’assurance maladie de Paris au titre de la CFDT et en deviendra cheffe de file. Une continuité logique pour celle qui porte un combat central : la lutte contre le non-recours aux droits. «Je rencontre chaque jour des jeunes qui ne renouvellent pas leur complémentaire santé solidaire faute d’accompagnement. On ne peut pas accepter ça.» Nouvelle responsabilité, même ligne directrice. Être utile, concrètement, là où elle peut agir.

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