Quel avenir pour la régularisation des travailleurs?

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Depuis décembre 2024, les rendez-vous des organisations syndicales avec les responsables des services de l’immigration des préfectures d’Île-de-France ont été reportés sine die.

«Je ne l’ai su que lorsque j’ai envoyé mes dossiers en prévision de la réunion qui avait lieu d’habitude, note Pascale Breuil-Kaci, chargée de mission sur l’accueil des travailleurs sans papiers à la CFDT Île-de-France. Depuis, j’ai eu confirmation par écrit : plus de rendez-vous à court, moyen voire long terme soi-disant pour des raisons d’équité», poursuit-elle.

Or ces rendez-vous, préparés avec minutie, aboutissaient, la plupart du temps, à la régularisation des travailleurs concernés. Pascale Breuil-Kaci attend avec impatience la liste des métiers qui permettront la régularisation des travailleurs dans les secteurs répertoriés. «La circulaire du ministère de l’Intérieur, dite “Circulaire Retailleau” du 25 janvier 2025, durcit considérablement les conditions de régularisation des travailleurs étrangers sans papiers. Les candidats doivent justifier d’une présence en France de sept ans, contre trois avec la directive Valls. Mais on ne sait pas si ces mêmes conditions s’appliqueront aux travailleurs des secteurs sur la liste ou pas», explique-t-elle.

En attendant, les permanences pour les travailleurs sans papiers se poursuivent à la CFDT Paris. Un travail indispensable en accord avec les valeurs de la CFDT qui dénonce la vision utilitariste et restrictive de l’immigration ainsi que l’exclusion et la précarisation des travailleurs étrangers qui découle de la directive : «face à ces mesures d’empêchement, notre action militante doit être renforcée et repensée», estime Aurélie Lagaville, responsable du dossier discriminations à la CFDT Île-de-France.

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